1945, Jamaïque, Empire Britannique, Dans le région montagneuse et luxuriante de St Ann et plus précisément dans la commune de Nime Miles allait naître la première (et dernière à ce jour) superstar issu du tiers monde.
Plus qu’un artiste à forte aura, il fut une icône, symbole éternel de la lutte des opprimés et plus généralement du peuple noir.
Paradoxe, Robert Nesta Marley, de son nom de baptême, est le fils d’un soldat blanc, représentant de la couronne anglaise, Norman Marley, qui aux cours de ces gardes à cheval rencontra Cedella Booker, alors âgée de seize ans. Le mariage célébré, il n’allait qu’à de rares exceptions réapparaître ici bas, le plus souvent occupé à Kingston où il mourra une dizaine d’années plus tard, sans que son fils né l’ai vraiment connu. De l’enfance rurale de Bob Marley, en ressort une vie simple mais joyeuse partagé entre l’école où il fait preuve de vivacité d’esprit et son grand père Omeriah, connaisseur de la nature et conteur d’histoires africaines, qui assurément, influencèrent son œuvre.
Cedella et Bob, comme beaucoup à cette époque, connurent l’exode rural vers Kingston. Et, bien que la ville apportait de petit boulots à ces gens en quête de revenu, la vie n’en fut pas plus rose. Cloîtré dans les « tenements yard », ces ghettos modernes, la « jungle de béton » comme le chanta plus tard Bob, encadra toute son adolescence.La bas, comme dans bien des endroits au monde, la seule règle est : manger ou être mangé… Aussi, en résultat chez Bob, un comportement bien différent du petit garçon rieur qui chantait une chanson aux dames pour un penny, qu’il avait été . Il s’entoura de « rude boys », ces mauvais garçons que le délit poussait parfois jusqu’au meurtre et qui ne rêvaient que gangsters et de succès aux charts musicaux jamaïcain.
Bob tenta bien une expérience avec la vie professionnelle en tant que soudeur, mais elle s’arrêta bien vite pour cause d’un éclat de métal reçu dans l’œil… C’est décidé, il se consacrerai jusqu’au bout à sa passion :la musique. Nous sommes en 1962, il est âgé de 17 ans…Ses premiers 45 tours de ska produit par le fameux Leslie Kong, « Judge Not » et « One cup of coffee » ne furent guerres porteur de succès et passèrent pour le moins inaperçus. Mais, loin de laisser tomber là, Bob Marley forma, par le hasard de rencontres chez Joe Gibbs, chanteur réputé, le trio mythique des wailing wailers (littéralement les pleureurs gémisseurs), composé de Peter « tosh » Macintosh et Bunny « wailer » Livingstone. Ils signèrent un contrat chez un producteur aussi grand par son oreille que par sa réputation de voleur de royalties, le grand Coxsone Dodd. Sous sa bannière, il enregistrèrent pendant cinq ans des dizaines de chansons dont plusieurs connurent un grand succès comme par exemple « Simmer Down ». Mais voilà, ils ne voyaient toujours pas la couleur de l’argent accaparé par Dodd et décidèrent de fonder leur propre label : « Wail’n soul M » avec le peu d’argent qu’avait rapporté Bob des états unis où il avait trimé aux usines Ford. Cette période coïncide avec la venu du Négus, l’empereur Haile Sellasie d’Éthiopie en Jamaïque et la vague de conversion massive au rastafari dont Bob sera un des fervent adepte.La qualité des textes et de la musique de cette période (de nombreux classiques que reprendront souvent le trio par la suite) ne suffit pas à la réussite de leur affaire et, ils échouèrent à nouveau chez Leslie Kong qui ne produisit qu’un seul chef d’œuvre (il mourut peu après d’une crise cardiaque) le « best of wailers » au son rapide du reggae naissant. Vint alors la période du producteur génial et fou, Lee Perry, de 1970 à 1972 que beaucoup considère comme la plus riche]. Bob développa un reggae révolutionnaire et imposa son style vocal avec des classiques comme « Small axe » , « Kaya » ou « Concrete Jungle ».
Comme toujours à cette époque, le succès artistique ne fut pas synonyme de succès commercial; ce que Bob, désireux de percer mondialement, eu du mal à supporter, se laissant embarquer dans le tournage d’un film en Suède pour en composer la musique avec la star musicale américaine Johnny Nash. Ce projet n’eu pas vraiment de suite et Bob se retrouva seul et sans le sou à Londres où il enregistra pour la C.B.S. quelques chansons à la sauce pop qui ne trouvèrent pas leur public.
Rejoint par Peter et Bunny, le trio se tourna finalement et sans grand espoir vers le producteur de rock anglais et fondateur de Island, le jamaïcain (blanc) Chris Blackwell, qui, venant de rater Jimmy Cliff qui avait signé avec Emi, offrit trois mille livres sterling aux groupe pour enregistrer un album « reggae-rock » en Jamaïque :en résultat le mythique « Catch a fire » avec ses guitares accrocheuses et ses mélodies léchées. La période de malchance et de succès manqué était résolue et son talent pouvait être pleinement reconnu, nous sommes en 1973 et Bob a 28 ans.De 73 à 74, les Wailers connurent un succès d’estime et critique mais en 1975, alors que le groupe s’était séparé en trois, la branche de Bob ayant pris pour nom : Bob Marley and the Wailers, le tube No woman no cry se changea en succès mondial avec sa version enregistré en concert. Dès lors tout s’enchaîna à une vitesse hallucinante. Au rythme d’un (excellent) album par an et de tournées planétaire de 1976 à 1980.La gloire n’arrivant jamais seule, Bob, écopa d’une tentative d’assassinat en 1976, se qui le fit s’exiler
À Londres pendant un an et demi où il enregistra deux albums. Il ne revint qu’en 78 en Jamaïque à l’occasion du « One Love Peace Concert » sensé faire revenir la paix entre les gangs politiques ennemis de gauche et de droite. Ce soir là, il réunit les deux leaders opposés dans une poignée de main historique et très hypocrite, ce geste n’ayant pas eu de suites… En 79 il enregistra le génial « Survival » ayant pour thème l’Afrique qu’il visita une première fois cette même année lors du concert inaugurateur de l’état libre du Zimbabwe. Puis vint le début de ses gros problèmes de santé, qui avait commencé en 1977 lors d’une partie de football. Son pied, victime d’un tacle mal ajusté, avait été mal soigné déclenchant un cancer. En 1980 on découvrit que Bob n’hébergeait pas un, mais trois cancers, ce qui le résolut à arrêter sa tournée à Pittsburgh où il joua une dernière fois. On lui donnait un ou deux mois à vivre, il tenu 1 an, soigné en Autriche puis à Miami où il s’éteint finalement après une longue lutte, âgé de 36 ans en 1981.Des funérailles nationales furent décrétés en Jamaïque où il fut enterré, dans un petit mausolée, situé tout près de son lieu de naissance.